5.1 Déduction du carbone stocké dans le bâtiment
Le stockage de carbone pris en compte est imputé une seule fois au moment 0 (mise en service du bâtiment), indépendamment de la durée de vie du matériau de construction. Pour ce faire, le stockage de carbone est converti de kg C en kg CO₂ selon la liste KBOB (facteur 3.7), puis déduit des émissions grises.
Les différents types de stockage sont pris en compte de manière différenciée conformément au règlement. Les types de stockage et les pourcentages d’imputation correspondants sont présentés ci-après.
Stockage permanent de carbone biogène ou minéral (imputabilité : 100 %)
Comme son nom l’indique, il s’agit de stockages permettant de fixer de manière permanente du carbone (C) ou du dioxyde de carbone (CO₂). Ils sont donc pris en compte à 100 %. Il s’agit généralement de béton enrichi en carbone ou en CO₂ par différents procédés. L’un de ces procédés consiste à incorporer du biochar dans le béton (p. ex. béton Klark). Un autre repose sur la séquestration, par laquelle le CO₂ est fixé sous forme de calcaire à la suite d’une réaction chimique (p. ex. béton zirkulit). Dans le cas du zirkulit, le béton recyclé est transformé en granulats, traités dans une installation de stockage pour fixer le CO₂, puis réincorporés dans le béton. Les matériaux de construction figurant dans la liste KBOB suivants sont actuellement reconnus comme stockage permanent :
| numéro d'identification KBOB | matériaux de construction |
|---|---|
| 01.002.04 | Béton Klark Variété C 331-0, 340kg CEM II/B (sans armature) |
| 01.002.03 | Béton Klark Variété B 231-0, 320kg CEM II/B (sans armature) |
| 01.002.02 | Béton Klark Variété A 131-0, 300kg CEM II/B (sans armature) |
| 01.002.01 | Béton Klark Variété A 131-0, 280kg CEM II/B (sans armature) |
| 01.002.30 | Béton Green + Variété A, 50kg CEM II/A-LL, 230kg CEM III/B (sans armature) |
| 01.002.31 | Béton Green + Variété B, 50kg CEM II/A-LL, 230kg CEM III/B (sans armature) |
| 01.002.32 | Béton Green + Variété C, 50kg CEM II/A-LL, 250kg CEM III/B (sans armature) |
| 01.001.01 | Béton maigre, NovoCon Sohlenbeton, 150 kg CEM II/C-M (F-T) (sans armature) |
| 01.002.11 | Béton pour bâtiment, NovoCon RC-M10/E20, NPK A, 280 kg CEM II/C-M (F-T) (sans armature) |
| 01.002.12 | Béton pour bâtiment, NovoCon C50/E25, NPK C, 300 kg CEM II/C-M (F-T) (sans armature) |
| 01.002.10 | Béton pour bâtiment, NovoCon C50/E25, NPK A, 280 kg CEM II/C-M (F-T) (sans armature) |
| 01.002.05 | Béton pour le bâtiment, zirkulit® NPK A, 280 kg CEM II/C-M (sans armature) |
| 01.002.06 | Béton pour le bâtiment, zirkulit® NPK C, 300 kg CEM II/C-M (sans armature) |
| 01.002.08 | Béton pour bâtiment, NovoCon Light C25/E30, NPK A, 280 kg CEM II/C-M (F-T) (sans armature) |
| 01.002.07 | Béton pour bâtiment, Möckli Primärbeton, NPK A, 280 kg CEM II/B-LL (sans armature) |
Stockage temporaire de carbone avec de la biomasse à croissance rapide (imputabilité 80 %)
La biomasse à croissance rapide désigne les plantes qui peuvent être récoltées et transformées en matériaux de construction dans l'année suivant leur plantation. Actuellement, le lin, la paille et le chanvre figurent sur la liste KBOB. Le taux d’imputation de 80 % correspond à un rendement de capture du CO2 de 90 % dans l'hypothèse où le matériau de construction serait à l'avenir éliminé dans une installation d'incinération équipée de captage et stockage du carbone (CSC), avec des pertes de 10 %. Les matériaux de construction de la liste KBOB suivants sont actuellement considérés comme de la biomasse à croissance rapide :
| numéro d'identification KBOB | matériaux de construction |
|---|---|
| 11.026 | Moquette en fibres naturelles |
| 10.016 | Isolation en lin |
| 10.016.01 | Isolation en lin, MAGRIPOL, Premium |
| 10 017 | Isolation en lin, résistant au feu |
| 10.017.01 | Isolation en lin, anti-feu, MAGRIPOL, Premium+ |
| 10 015 | Botte de paille pour la construction |
| 02.007.02 | Pierres de chanvre, Schönthaler AG |
| 01.043 | Béton chaux-chanvre |
| 01.043.01 | Béton chaux-chanvre, ARBIO |
Stockage temporaire du carbone avec du bois (imputabilité 64 %)
Tous les matériaux de construction qui présentent un stockage de carbone selon la liste KBOB et qui ne figurent ni dans le tableau 1 ni dans le tableau 2 stockent du carbone sous forme de bois/cellulose. Ils sont par conséquent comptabilisés à hauteur de 64 % en tant que stockage temporaire du carbone avec le bois. Ce pourcentage est basé sur un facteur pour le bois récolté de manière durable au sens du bilan des émissions selon la méthodologie du GIEC (facteur A) et sur un facteur de permanence (facteur B). Le facteur A est différencié pour le bois suisse et le bois importé. La méthode de calcul est décrite ci-après.
Facteur A : Bois issu d’une gestion durable des forêts selon la méthodologie du GIEC
Selon le GIEC, seule la croissance de la biomasse des forêts gérées activement par l'être humain doit être considérée comme puits de carbone ; la croissance naturelle n'est pas prise en compte. Les inventaires nationaux des gaz à effet de serre (INGES) recensent, quant à eux, l'accroissement total de la forêt, y compris la croissance naturelle. Pour Minergie-Zéro-Net, c'est l'approche scientifique du GIEC qui est retenue, c'est-à-dire que seule la croissance des forêts exploitées activement est prise en compte.
- Détermination du facteur A pour la Suisse
- Selon les calculs fondés sur la publication Friedlingstein et al. 2025: Global Carbon Budget 2024, la différence de capacité de séquestration entre l’approche du GIEC et celle des inventaires nationaux des gaz à effet de serre s’élève à 6.219 GtCO₂ par an à l’échelle mondiale. Rapportée à la surface forestière suisse et aux émissions de gaz à effet de serre de la Suisse, cette différence représente en moyenne 3.316 MtCO₂ par an.
- Selon l’inventaire des gaz à effet de serre, l'augmentation de la biomasse vivante est de 12.759 MtCO2/an en Suisse. En déduisant les 3.316 MtCO2/an (différence entre le INGES et le GIEC), la croissance retenue selon la méthodologie du GIEC s'élève à 9.443 MtCO2/an. En Suisse, le volume total de bois récolté correspond à 11.864 MtCO2/an. Cela signifie que la part de bois suisse récolté de manière durable au sens du bilan des émissions selon la méthodologie du GIEC s’élève à 80 % (= 9.443 / 11.864).
- Détermination du facteur A pour le bois importé
- À l'échelle mondiale, les émissions de CO₂ issues de la récolte de bois recensée s'élèvent à 5.149 GtCO₂/an selon la méthodologie du GIEC (Friedlingstein et al. 2025). L'absorption de CO₂ par la récolte de bois recensée s'élève à 4,104 GtCO₂/an selon la méthodologie du GIEC, soit 80 % des émissions. En théorie, une partie de la récolte de bois à l'international provient de bois non recensé (c'est-à-dire récolté illégalement). Toutefois, comme Minergie-Zéro-Net exige un certificat de gestion durable des forêts pour le bois importé, on peut partir du principe que la totalité du bois utilisé est recensée. C'est pourquoi une valeur de 80 % est également retenue pour le facteur A.
Facteur B : permanence
Pour le stockage du carbone à long terme dans le bâtiment, il est nécessaire de formuler une hypothèse qui dépasse le cycle de vie du bâtiment. Pour ce faire, on utilise un facteur de permanence. Ce facteur correspond à un rendement de capture du CO2 estimé de manière prudente à 90 %, dans l'hypothèse où le matériau serait éliminé ultérieurement dans une installation d'incinération équipée de captage et stockage du carbone (CSC), avec des pertes de 10 % (par exemple si le bois n’est pas éliminé dans une installation équipée de CSC).
Pour la prise en compte du bois, les facteurs A et B sont multipliés : 80 % * 80 % = 64 %.